ET SI C’ÉTAIT UNE PROSTITUTION DÉGUISÉE
29 March 2026
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Auteur : Bill Witchelson DIER

ET SI C’ÉTAIT UNE PROSTITUTION DÉGUISÉE



 

Dans nos sociétés modernes, le verbe « aimer » est devenu une formule creuse, une expression galvaudée que l'on prononce avec une facilité déconcertante. Nous disons « je t'aime » à nos partenaires comme nous dirions « bonjour » ou « au revoir ». Mais comprenons-nous vraiment ce que nous proclamons ? L'amour, dans son essence profonde, est un don de soi sans condition. C'est une entrega totale, sans calcul, sans attente de retour. C'est ce que le Christ Jésus nous a démontré sur la croix du Calvaire,  un amour sacrificiel, absolu, sans limites.
 
 
Le psychologue américain John Gottman, professeur émérite de psychologie à l'Université de Washington et fondateur du Gottman Institute après plus de quarante années de recherches sur les couples, a démontré que les relations durables reposent sur ce qu'il appelle la « carte d'amour » une connaissance profonde du monde intérieur du partenaire  et sur un ratio d'au moins cinq interactions positives pour chaque interaction négative. Ses travaux montrent que l'amour véritable n'est pas un sentiment passif mais un engagement actif qui se manifeste dans les moments difficiles, pas seulement dans les moments de prospérité.


La photo sert seulement d'illustration, crédit:?☝️

Devant le prêtre, le pasteur, et devant l’Assemblée, nous prononçons avec solennité : « Je promets de t'aimer dans les bons comme dans les mauvais moments, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la maladie comme dans la santé. » Ces paroles sont belles. Elles devraient être sacrées. Mais combien d'entre nous les respectent véritablement ?

La Bible nous enseigne dans 1 Corinthiens 13.4-7 que « l'amour est patient, il est plein de bonté ; l'amour n'est pas envieux ; l'amour ne se vante pas, il ne s'enfle pas d'orgueil ; il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'irrite pas, il ne garde pas rancune ; il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité. Il excuse toutes choses, croit toutes choses, espère toutes choses, endure toutes choses » [3]. Et dans Éphésiens 5.21, l'apôtre Paul ajoute : « Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Dieu. » Puis il s'adresse aux maris : « Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église et s'est donné lui-même pour elle » (Éphésiens 5.25).  Cet amour sacrificiel est le modèle ultime ; celui qui donne sans rien recevoir en retour. 

Or, quand l'homme traverse une période difficile, qu'il s'agisse d'une crise économique, d'un échec professionnel, ou simplement d'une baisse de revenus, que se passe-t-il dans de nombreux foyers ? La femme, celle qui a juré d'aimer « dans les bons comme dans les mauvais moments », se retire. Elle refuse son corps, sa tendresse, son soutien intime. Sous prétexte de « traverser une crise », elle se referme comme une huître, laissant son mari seul face à ses démons.

Image générée par IA, sert seulement d'illustration à l'article



Le psychanalyste Christian Richomme explique que « l'argent est vu, en psychanalyse, comme un équivalent symbolique de l'amour et du désir ». Derrière chaque comportement financier se cache une histoire d'attachement, et les tensions financières expriment souvent des schémas et des croyances plus profondes, héritées de l'enfance, sur le rapport au pouvoir, à l'amour et à la dépendance. Quand l'intimité sexuelle devient conditionnelle à l'apport financier, nous glissons vers une dynamique transactionnelle proche de la prostitution. 

Et voici le comble de l'hypocrisie. Quand l'homme réussit, quand il ramène de l'argent, quand il offre des cadeaux somptueux, alors là, soudain, la femme « ressent » de l'amour. Elle se montre thérapeute, disponible. Elle se laisse aller aux faveurs sexuelles avec une générosité soudaine.  La Dre Muriel Salmona, psychiatre spécialisée dans les violences faites aux femmes, déclare : « Les trois espaces où tout est permis sont le couple, la famille et la prostitution ». 
N'est-ce pas là une forme de prostitution déguisée ? L'amour devient un échange commercial. Le corps devient une marchandise. Le plaisir devient une monnaie d'échange. « Je t'aime » se transforme en « Je t'aime quand tu me donnes ». « Je suis à toi » devient « Je suis à toi si tu paies ». C'est une prostitution parce que l'intimité est conditionnée par le paiement. C'est déguisée parce qu'elle se cache derrière le masque de l'amour et du mariage. Le modèle par excellence de l'amour, c'est le Christ Jésus mourant sur la croix. Il n'a pas demandé : « Donnez-moi quelque chose en échange de mon amour. » Il n'a pas dit : « Je vous aimerai si vous êtes riches, si vous êtes parfaits, si vous me donnez ce que je veux. » Non. Il a donné Sa vie alors que nous étions encore pêcheurs. Il a pardonné alors que nous ne méritions pas le pardon. Il a aimé sans condition, sans calcul, sans arrière-pensée. 

Comme le souligne Jean 15.13 : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Voilà ce qu'est le vrai amour. Si nous ne pouvons pas aimer ainsi sans expectative, sans transaction  alors nous n'aimons pas. Point final. Pas d'hypocrisie. Pas de faux-semblants. 
 
Chers amis,, il est temps de regarder la vérité en face. Si vous dites « je t'aime » à votre conjoint, alors aimez-le. Aimez-le quand tout va bien et quand tout va mal. Aimez-le quand vous êtes riche et quand vous êtes pauvre. Aimez-le dans la joie et dans l'épreuve. Sinon, arrêtez de mentir. Arrêtez de cacher votre opportunisme derrière des paroles douces. Arrêtez de transformer le mariage en un marché où chaque faveur à un prix. Le vrai amour ne négocie pas. Il ne marchande pas. Il donne. Comme le Christ nous l'a montré. 
 
La prostitution déguisée ne se trouve pas seulement dans les rues gelapées de nos villes. Elle se cache dans nos foyers, dans nos chambres à coucher, dans nos cœurs endurcis. Elle prend la forme de celle qui refuse son corps quand son mari traverse une épreuve, mais qui se montre « amoureuse » quand les cadeaux arrivent. Elle prend la forme de celui qui n'aime que ce que l'autre peut lui apporter. Elle prend la forme de l'hypocrisie institutionnalisée. Choisir d'aimer vraiment, c'est choisir le chemin du Calvaire. C'est choisir de donner sans compter, de pardonner sans limites, de rester quand tout le monde partirait. Sinon, avouons-le : nous n'aimons pas. Nous nous servons seulement. 
 


Publié le 29/03/2026 à 21:31

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